RENCONTRE AVEC
JAN WALLENTIN


Interview


Hollywood, ce rêve

Article paru dans le journal suédois Aftonbladet

 

Vous n’avez sûrement jamais entendu parler de ce livre, mais il y a de fortes chances qu’il soit entre toutes les mains l’été prochain.

 

Le journaliste Jan Wallentin, 40 ans, n’a pas hésité à prendre un congé pour écrire ce roman d’aventure. Peu après, l’auteur a obtenu une avance pour cette histoire, vendue dans 16 pays, avant même d’avoir été publiée en Suède.

 

L’Étoile de Strindberg est le livre suédois le plus vendu à l’étranger depuis Stieg Larsson. L’action de ce roman mené tambour battant, très dense, peut être résumée ainsi : une étoile et une croix disparaissent à la fin du XIX e siècle au cours de l’expédition polaire de l’ingénieur Andrée. Entre-temps, la Seconde Guerre mondiale éclate. Mais à notre époque, la croix est subitement retrouvée dans une mine de Dalarna, sur le corps d’un homme mort depuis plus de cent ans.

 

Don Titelmann, un historien accroc aux antidépresseurs, entend par hasard parler de la découverte, et avant de comprendre ce qui lui arrive, il se retrouve entraîné dans la quête de l’étoile, qui forme avec la croix la clé d’un pouvoir très convoité.

 

L’attente autour de ce livre ne cesse d’augmenter, et l’on prédit déjà dans les maisons d’édition que ce roman séduira les lecteurs du monde entier. Mais comment un reporter télé, travailleur acharné, qui doit prendre soin d’une femme et de trois enfants, a donc soudain eu l’idée d’écrire une histoire aussi peu banale ?

 

Nous sommes assis dans une salle de conférence de la maison d’édition Fischer Verlag, en plein après-midi. Jan Wallentin est fatigué, son fils d’un an l’a tenu éveillé toute la nuit…

 

Le premier jet a été écrit en un mois. Ca semble rapide.

J’ai pu le finir très rapidement, car je savais déjà exactement de quoi je voulais parler. C’est allé à une vitesse incroyable.

 

Vous aviez déjà toute l’histoire en tête ?

Non, mais je savais que je voulais aborder le voyage en ballon d’Andrée, et que l’occultisme nazi ainsi que les théories du complot m’intéressaient.

 

Votre femme était en congé maternité et vous avez pris des vacances sans solde, vous deviez être très ambitieux, et très serré niveau budget aussi…

Nous étions pauvres oui, mais le projet n’était pas si insensé. Le succès était dans le domaine du possible. Je ne serais pas parti de rien sans savoir si j’allais trouver un éditeur.

 

Il s’agit d’un projet familial ?

Oui, tout à fait. On a tous souffert à cause de ce livre. Ma femme a soutenu le projet dès le début, mais ça a aussi été un énorme fardeau pour elle. Au printemps, lorsque les droits étrangers ont été achetés, nous étions tous les deux épuisés.

 

Quelle chance que le succès ait été au rendez-vous !

Oui, c’est fantastique.

 

J’ai l’impression que vous visiez le succès commercial dès le départ.

Mais absolument ! Je ne connais pas un auteur qui ne souhaite pas que son livre se vende. Je voulais une histoire qui séduise un vaste lectorat. Mais le principal restait que ça me divertisse, moi.

 

Votre roman appartient à un genre bien différent de ceux qui sont en tête de liste ces dernières années en Suède. Plus proche du Da Vinci Code que de Stieg Larsson.

Je ne voulais pas écrire de roman policier. Moi-même, j’en lis assez peu. Je voulais une histoire qui échappe au lecteur, qui laisse planer le doute.

 

Vous allez devenir célèbre.

C’est un sentiment désagréable. Être connu est l’exact opposé de l’écriture, qui est un processus solitaire. Ça n’a jamais été mon truc de me mettre au premier plan. Ça peut paraître bizarre, de la part de quelqu’un qui travaille pour la télévision, mais je reste toujours derrière la caméra.

 

Une adaptation cinématographique est déjà en discussion. La Suède ou Hollywood ?

C’est toujours en négociation. Quelqu’un a estimé que filmer mon livre coûterait au moins 100 millions de dollars. Celui qui a donc assez d’argent peut s’en charger.

 

Donc plutôt Hollywood…

Ce serait le rêve bien sûr !

 

Y aura-t-il une suite à L’Étoile de Strindberg ?

Aucune en vue, non. Le problème c’est que l’auteur est vraiment très fatigué. En ce moment, je m’occupe de la maison, de mon fils d’un an, je n’ai pas eu le temps d’y réfléchir. Je n’arriverai à me concentrer sur un prochain livre, que lorsque celui-ci aura complètement disparu de ma tête. Sinon, il y a de fortes chances que le second ne soit qu’une pâle copie du premier !

(…)